Témoignage – Reportage VulvArt Project
Témoignage de l’événement Vulva Project du 1 mars 2024, @vulva.project
À Sirigaita, un lieu militant autogéré à Lisbonne.
Ce lieu est menacé de fermeture. Pour les aider et lutter contre la gentrification, découvrez leur projet !

Une multitude de vulves sont rassemblées sur un mur. Diversité de formes, de tailles, de couleurs, de pilosité… La normalité a été décidée par l’idéologie patriarcale dominante et la pornographie.
La réalité, elle, est diversité.
Des artistes présentent leur travail à propos de la vulve. Il y a également des produits artisanaux pour le soin du corps. Un coin protégé par un tissu permet de prendre des photos et de faire partie du « mur de la vulve ». Un lieu de soin et d’intimité.
Des regards ouverts se croisent.
Surpris, curieux, soulagés
20h – Carmo Gê Pereira présente son travail sur la vulve.
Elle nous apprend les racines, les significations et l’utilisation du vocabulaire autour de la vulve, et comment leurs influences sur les mentalités. « Parties féminines », « parties intimes », « parties génitales », « organes génitaux », « parties reproductives », beaucoup de mots, mais pas vulve.
Cette partie du corps de la moitié de la population a été cachée, incomprise, diabolisée, ignorée.
Pour libérer nos esprit d’un conception oppressive de la vulve, il faut utiliser les mots justes.
Le pire, c’est les problèmes médicaux causés. Le tabou posé sur le sujet des vulves provoque une honte d’en parler, une ignorance de cette zone du corps, et une méconnaissance de sa biologie.

Certaines personnes sont couchées sur le dos, sur le tapis
Comme pour écouter une histoire
Nous avons également appris à connaître son fonctionnement. Ce qui compose la vulve et le clitoris, comment ça marche, à quoi ça sert. De la biologie que l’on devrait apprendre à l’école !
Saviez-vous que le clitoris possède plus de 10 000 terminaisons nerveuses ? Sa stimulation entraîne la libération de fluides, provenant des glandes sexuelles. #itisnotpee. Rires. La lubrification, la stimulation, l’orgasme, et tant d’autres sujets nécessitent des études médicales, et non pas menées avec le regard d’un homme cisgenre. Il y en a, mais presque pas.
Une vieille dame fronce le nez,
peut-être qu’elle n’entend pas très bien.
Une femme à côté d’elle,
lui ressemble mais en plus jeune,
a un petit sourire en coin
Un vieil homme avec sa canne est assis depuis le début à côté d’un tabouret vide.
Il approuve ce qui est dit régulièrement en hochant le tête.
Courte pause. Applaudissements et sourires. Discussions.
21h – La salle est bondée.
La deuxième partie est une conversation entre Mó, artiste non-binaire, et le public. Ils nous demandent d’écrire sur un post-it comment nous appelons notre vulve.
Ils précisent qu’il s’agit d’une question autodéterminée.
« Vous êtes le seul à savoir si vous considérez avoir une vulve ou non ».
C’est un moment très inclusif, les personnes transgenres sont prises en compte. De même, les personnes ne parlant pas le portugais sont invitées à se rassembler pour bénéficier d’une « traduction personnelle » par Carmo.
Une personne au premier rang s’exprime : « Je n’utilise jamais le mot « vulve ». Cela sonne bizarre et me fait un peu honte ».
En utilisant nos propres mots pour parler de vulve, nous nous réapproprions notre corps.
La littérature scientifique sur la vulve a été écrite par des hommes blancs cisgenres. Écrivons la nôtre.
Des post-it apparaissent sur un tableau blanc : « Gina », « Patata », « Schneck », « Nest », « Treasure », …
Après un temps de partage, le dîner est annoncé. « Orgasme culinaire garanti ! »
Les personnes ont les oreilles ouvertes, et semblent se sentir en sécurité. Soulagées de trouver un lieu pour s’exprimer. Pour une fois que l’on y est invité.
Ni sale, ni mauvais, ni coupable, ni caché, ni discriminé, ni honteux, ni laid,
Mais une source de joie, de plaisir, de liberté, de bien-être, de compréhension de soi.
Rédigé par Eva Molinier, rédactrice Purple Web,