La force d’être ensemble
Le 8 mars 2024 – Lisbonne – Manifestation de défense des droits des femmes

Manifestation, ou la force d’être ensemble
La pluie frappent fort mais les tambours aussi.
Les gens se rassemblent sur les marches de l’église place de l’Alemada, à couvert. Ils s’équipent, se saluent, déplient les banderoles. Une batukada multicolore, Ritmos de Resistência, s’échauffe et nous réchauffe.
Je sent la force d’être ensemble grandir. Les sourires de détermination montent aux joues. Certes la pluie a dû en dissuader plus d’un, mais beaucoup nous rejoindront.
Le cortège s’étirent sur l’avenue Almirante Reis. Les différents groupes scandent des slogans. Nous dansons au rythme des tambours, pancartes au poing. Nous réclamons justice, égalité, liberté, sécurité, pour les femmes et les minorités de genre.
Résistance féministe face à l’urgence climatique : un acte de sabotage
Deux militantes du collectif Climaximo brise la vitrine de la banque Santander à l’aide de marteaux et de pointes.
Elle attire ainsi les regards sur cette banque complice du bouleversement climatique. Elle brandissent ensuite une banderole :
« Ils financent notre mort ».
Cet article pour vous donner une idée des investissements de Banco Santander dans les industries fossiles.
Alors que la police interpelle les deux femmes, un groupe de militant se détache du cortège principal. Une centaine de personne se regroupent devant cette banque, encerclent les policiers, et scandent des slogans écoféministes et anti-fascistes. Ils réclament la libération de leurs camarades.
Durant de longues minutes, ils font bloc. La force d’être ensemble les animent. Ils ne faiblissent pas, au contraire. Ils ne se tairont qu’au moment où…
Sous cette pression populaire, les jeunes femmes sont relâchées.
La police a relevé leur identité. Trois mois plus tard, elles n’ont toujours pas reçu de convocation de la justice.
Dans ce reportage indépendant, vous découvrirez les vidéos et photos de cette action ainsi que les déclarations des militantes. (Tous navigateur internet ont une option traduction)
Le scénario se répète une seconde fois durant cette manifestation du 8 mars. Voici un extrait traduit du portugais d’un autre article Indymedia :
« Quelques membres d’un bloc antifasciste écrivent à la bombe de peinture « révolution transféministe » sur les barrières d’un chantier, ce qui a conduit à un autre moment de tension où la police a retenu une personne devant la Padaria Portuguesa. Après identification et sous la pression populaire, ils ont fini par la libérer. »
La manifestation comme remède à la peur

Ce jour là, j’ai ressenti la même chose que quand je vois cette image, mais fois cent.
Un peu par hasard, sur l’invitation d’un ami, je me suis retrouvé à cette manifestation.
J’ai vu les gens se tenir par les bras pour faire bloc.
J’ai entendu les gens synchronisé leur chant.
J’ai écouté les chansons révolutionnaires, sans comprendre le sens des mots.
Je n’ai fait que ressentir.
senti la peur se dissiper.
senti le courage remplacé le désespoir.
senti la colère prendre sens.
Mon sentiment d’isolement, d’impuissance, de désespoir, s’est estompéÀ l’affirmation « ça ne sert à rien », je ne citerai pas les exemples de mouvements sociaux victorieux
(bon d’accord puisque tu insistes : printemps arabes, indépendance de l’Inde, lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, abandon du projet de mine Rio Tinto en Serbie, etc.). Je connaissais ces combats auparavant. Le sentiment de vide était pourtant là. Résultat de mes (non)expériences de vie.
La victoire de ce groupe face à la police est bien petite comparée aux exemples cités ci-dessus. Et pourtant, elle m’a redonné courage.
J’en ai fais ici le récit.
Trêve de mots. À toi de vivre.
Rédigé par Eva MOLINIER, rédactrice Purple Web